Consommation électrique d’un appareil : le calcul pas à pas
Une seule multiplication donne la consommation d’un appareil : sa puissance par sa durée de marche. Voici comment l’appliquer, et ce qu’elle coûte selon votre option.
La consommation d’un appareil électrique se calcule en multipliant sa puissance, en kilowatts, par sa durée de fonctionnement, en heures : le résultat est en kilowattheures, l’unité de votre facture. Un appareil de 2 000 W, soit 2 kW, qui fonctionne une heure consomme 2 kWh ; le même appareil une heure par jour pendant un an consomme 730 kWh. Il suffit ensuite de multiplier par le prix du kWh de votre option : 0,2001 € en Base à 6 kVA, 0,2142 € ou 0,1589 € en Heures creuses selon l’heure, de 0,1356 € à 0,7295 € en Tempo selon la couleur, au tarif réglementé du 1er août 2026. La puissance se lit sur la plaque signalétique de l’appareil ; pour un appareil à thermostat, comme un four ou un radiateur, c’est une puissance maximale, atteinte seulement une partie du temps. Le mini-simulateur fait le calcul pour vous et donne le coût annuel dans chaque option.
La consommation de votre appareil sur un an
Consommation annuelle
730 kWh
| Coût en Base (6 kVA) | 146 € |
| En Heures creuses, le jour | 156 € |
| En Heures creuses, la nuit | 116 € |
| En Tempo, jour bleu en journée | 121 € |
Puissance maximale de la plaque : un appareil à thermostat consomme souvent moins. Prix TTC au 1er août 2026.
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La formule, et ses trois pièges
Consommation en kWh = puissance en kW × durée en heures. Pour passer des watts aux kilowatts, divisez par 1 000 : 1 500 W font 1,5 kW. Pour une durée en minutes, divisez par 60 : 30 minutes font 0,5 heure. Un appareil de 1,5 kW utilisé 30 minutes consomme donc 0,75 kWh.
Le premier piège tient aux appareils à thermostat. Un four, un radiateur, un ballon d’eau chaude, un lave-linge chauffent à pleine puissance puis s’arrêtent, et recommencent : leur plaque indique un maximum, pas une moyenne. Le calcul donne alors un plafond, pas la consommation réelle. Le deuxième piège est la durée : on surestime volontiers le temps d’un sèche-linge et l’on oublie celui d’un appareil qui ne s’éteint jamais. Le troisième est la veille, ces quelques watts consommés en permanence par les appareils « éteints ».
Quelques exemples de calcul
Le tableau applique la formule à des puissances et durées choisies pour l’exemple, au prix de la grille du Tarif Bleu au 1er août 2026. Remplacez-les par celles de vos appareils dans le mini-simulateur.
| Exemple | Par an | En Base (6 kVA) | En heures creuses (option HC) | Prix rouge heures pleines, par kWh |
|---|---|---|---|---|
| Appareil de 2 000 W, 1 h par jour | 730 kWh | 146 € | 116 € | 0,7295 € |
| Appareil de 1 000 W, 30 min par jour | 183 kWh | 37 € | 29 € | 0,7295 € |
| Appareil de 150 W, 4 h par jour | 219 kWh | 44 € | 35 € | 0,7295 € |
| Appareil de 3 000 W, 2 h par jour l’hiver | 900 kWh | 180 € | 143 € | 0,7295 € |
La dernière colonne rappelle ce que coûte chaque kWh un jour rouge Tempo entre 6 h et 22 h : un appareil utilisé ces heures-là ces jours-là coûte plus de trois fois et demie son prix en Base. C’est pour cela que la question « quand » compte autant que « combien » dès que l’on choisit Tempo.
La veille, petite mais permanente
Un appareil en veille consomme peu, mais 24 heures sur 24, soit 8 760 heures par an :
| Veille permanente | Par an | En Base (6 kVA) |
|---|---|---|
| 2 W | 18 kWh | 4 € |
| 5 W | 44 kWh | 9 € |
| 10 W | 88 kWh | 18 € |
| 20 W | 175 kWh | 35 € |
Additionnez la box internet, le décodeur, la console, l’ordinateur et les chargeurs restés branchés, et la somme devient visible sur une année. Couper ce qui ne sert pas, par une multiprise à interrupteur, est un geste sans inconfort.
Du calcul d’un appareil à celui de la maison
Additionner tous les appareils pour retrouver sa consommation annuelle est fastidieux et souvent faux, parce que les durées réelles sont mal connues. Votre facture, ou l’espace client de votre fournisseur, donne directement le total, et le compteur Linky le détaille par demi-heure. Le calcul par appareil sert à autre chose : décider où porter l’effort, et savoir ce qu’il faut décaler en heures creuses.
Si plusieurs gros appareils peuvent tourner la nuit, comparez les options : en Heures creuses, le kWh nocturne vaut 0,1589 € ; en Tempo, 0,1356 € un jour bleu, selon la plage de 22 h à 6 h fixée par le tarif. Le comparateur Base, Heures creuses ou Tempo fait le calcul sur votre consommation totale.
Puissance des appareils et puissance du compteur
La puissance de chaque appareil sert aussi à choisir la puissance du compteur : la somme de ce qui fonctionne en même temps ne doit pas dépasser les kVA souscrits, sinon le disjoncteur coupe. Un four, des plaques, un sèche-linge et le chauffage allumés ensemble peuvent dépasser 9 kW. La page puissance du compteur additionne vos appareils et donne la puissance conseillée, avec l’abonnement correspondant, issu de la proposition tarifaire de la CRE.
Comparer deux appareils avant d’acheter
La formule sert aussi à comparer deux appareils. Deux modèles qui rendent le même service se départagent sur leur consommation annuelle, multipliée par le nombre d’années où vous les garderez. Un écart de 100 kWh par an représente 20 € par an en Base à 6 kVA, soit 200 € sur dix ans aux prix d’aujourd’hui. Pour les appareils vendus avec une étiquette énergie, la consommation annuelle normalisée qui y figure permet ce calcul directement ; pour les autres, partez de la puissance et de votre usage réel.
Le même raisonnement vaut pour l’horaire. En Heures creuses, un kWh déplacé de la journée vers la nuit fait gagner 0,0553 € ; en Tempo, un kWh déplacé des heures pleines rouges vers la nuit fait gagner 0,5680 €. C’est pourquoi un même appareil peut coûter presque la même chose à deux foyers qui ont la même option, et très différemment à deux foyers qui n’ont pas les mêmes habitudes.
Ce que le calcul ne dit pas
Le coût calculé ici est celui de l’énergie seule. L’abonnement, payé quelle que soit votre consommation, ne change pas parce qu’un appareil tourne une heure de plus ; il ne bouge qu’avec la puissance du compteur. Le calcul ignore aussi l’usure, l’entretien et le prix d’achat. Enfin, un appareil qui produit de la chaleur dans la maison, comme un four ou un sèche-linge, réduit un peu le travail du chauffage en hiver : un effet réel mais difficile à chiffrer, que ce site ne modélise pas.
Du kVA au kW, et retour
La puissance du compteur s’exprime en kilovoltampères (kVA), celle des appareils en watts ou en kilowatts. Pour un usage domestique, on peut considérer qu’un kVA correspond à peu près à un kW : un compteur de 9 kVA supporte environ 9 kW d’appareils allumés en même temps. Cette approximation suffit pour choisir sa puissance ; elle n’intervient pas dans le calcul de la consommation, qui ne dépend que des kilowattheures réellement consommés.
Le compteur Linky permet de vérifier tout cela : il affiche la puissance appelée à l’instant, et l’espace client du fournisseur donne la consommation par demi-heure. Allumer un appareil seul et regarder de combien monte la puissance affichée est le moyen le plus simple de connaître sa puissance réelle, quand la plaque est illisible ou absente.
Pour un appareil branché en permanence, comme un réfrigérateur ou un congélateur, le plus juste est de mesurer sa consommation sur une semaine entière avec un wattmètre, puis de multiplier par 52 : le compresseur s’arrête et repart, et une mesure d’une heure ne dit presque rien.
Un dernier conseil de méthode : notez vos calculs. Une liste de vos appareils les plus gourmands, avec leur puissance, leur durée et leur consommation annuelle, sert à chaque changement : achat d’un nouvel appareil, passage à une autre option, arrivée d’une voiture électrique ou d’une pompe à chaleur. Elle permet aussi de vérifier, en comparant au total de la facture, qu’aucun appareil n’a été oublié, comme un chauffe-eau d’appoint, un aquarium ou une pompe de piscine qui tournent sans qu’on y pense.