Chauffage électrique et Tempo : ce que pèsent les jours rouges
Les jours rouges tombent par grand froid, quand le chauffage tourne le plus : voici, mesurée par RTE, la part de votre chauffage qu’ils concentrent.
Les jours rouges Tempo ne tombent pas au hasard : RTE les place quand la consommation nette nationale est la plus forte, c’est-à-dire par grand froid, quand les radiateurs et les pompes à chaleur tournent le plus. Pour mesurer cet effet, nous avons croisé la consommation nationale jour par jour publiée par RTE avec la couleur de chaque jour depuis 2014. En moyenne sur 12 saisons, les 22 jours rouges ont concentré 19,4 % de la consommation de chauffage, les 43 jours blancs 29,4 % et les jours bleus 51,2 %. Un logement chauffé à l’électricité consomme donc environ un cinquième de son chauffage annuel pendant les jours où le kilowattheure coûte 0,7295 € entre 6 h et 22 h. C’est le premier chiffre à connaître avant de choisir Tempo, et le levier le plus puissant pour réduire la facture : chaque degré baissé ces jours-là pèse lourd. Le mini-simulateur chiffre ce coût sur votre consommation de chauffage.
Votre chauffage pendant les jours rouges
Chauffage des jours rouges, avec votre baisse
521 €
| Part du chauffage tombant un jour rouge | 19,4 % |
| kWh chauffés les jours rouges | 933 kWh |
| Sans aucune baisse | 652 € |
| Les mêmes kWh en option Heures creuses | 184 € |
Profil de chauffage : consommation nationale mesurée par RTE, 30 % la nuit, prix TTC au 1er août 2026.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources
Ce que mesure le profil de chauffage
RTE publie dans éCO2mix la consommation d’électricité de la France entière, par demi-heure, depuis plus de dix ans. Pour chaque saison Tempo, nous en avons retenu la moyenne de chaque jour, puis retiré le socle de l’été, la consommation médiane de mai à septembre, quand presque personne ne se chauffe. Ce qui dépasse le socle dépend du froid : c’est la part thermosensible, celle du chauffage. Il suffit ensuite d’additionner cette part sur les jours bleus, blancs et rouges de la saison.
Chaque journée est comptée comme un jour Tempo, de 6 h à 6 h le lendemain, à partir des relevés au quart d’heure. La mesure porte sur la consommation nationale, alors que la méthode de RTE choisit les rouges sur la consommation nette, déduction faite de l’éolien et du solaire : les deux montent ensemble avec le froid, ce qui rend la répartition fidèle à l’essentiel.
Saison par saison
| Saison | Jours rouges | Chauffage les jours rouges | Les jours blancs | Les jours bleus |
|---|---|---|---|---|
| 2014-2015 | 22 | 20,7 % | 30,3 % | 49,0 % |
| 2015-2016 | 22 | 19,3 % | 30,2 % | 50,5 % |
| 2016-2017 | 22 | 18,7 % | 30,1 % | 51,2 % |
| 2017-2018 | 22 | 18,8 % | 30,7 % | 50,5 % |
| 2018-2019 | 22 | 19,4 % | 29,0 % | 51,6 % |
| 2019-2020 | 18 | 15,5 % | 29,9 % | 54,6 % |
| 2020-2021 | 22 | 20,6 % | 28,2 % | 51,2 % |
| 2021-2022 | 22 | 19,9 % | 27,4 % | 52,7 % |
| 2022-2023 | 22 | 23,8 % | 29,4 % | 46,8 % |
| 2023-2024 | 22 | 21,0 % | 28,6 % | 50,4 % |
| 2024-2025 | 22 | 20,1 % | 31,4 % | 48,6 % |
| 2025-2026 | 22 | 15,5 % | 28,0 % | 56,6 % |
La part des rouges va de 15,5 % (2025-2026) à 23,8 % (2022-2023). Les écarts suivent la météo : un hiver aux froids concentrés sur quelques semaines charge davantage ses jours rouges, un hiver doux étale le chauffage sur des jours bleus. La saison 2019-2020, raccourcie à 18 rouges par décision de la CRE, se distingue logiquement par une part plus faible.
Ce que coûte le chauffage des jours rouges
Appliquée à quelques consommations de chauffage annuelles, avec 30 % de la chaleur produite la nuit, la moyenne donne :
| Chauffage par an | Dont jours rouges | Coût Tempo des rouges | Avec 20 % de baisse | Mêmes kWh en Heures creuses |
|---|---|---|---|---|
| 4 000 kWh | 777 kWh | 435 € | 348 € | 154 € |
| 6 000 kWh | 1 166 kWh | 652 € | 521 € | 230 € |
| 10 000 kWh | 1 943 kWh | 1 086 € | 869 € | 384 € |
L’écart entre la colonne Tempo et la colonne Heures creuses est le prix des jours rouges. Il doit être compensé par les jours bleus et blancs, moins chers en Tempo, pour que l’option reste rentable. Le guide Tempo est-il rentable calcule le point d’équilibre, et le comparateur l’applique à votre consommation entière.
Radiateurs, pompe à chaleur, accumulation
Des radiateurs électriques transforment chaque kWh en chaleur, sans plus : leur consommation suit le froid de très près, et les jours rouges en concentrent une part proche de la moyenne nationale. Une pompe à chaleur produit plus de chaleur qu’elle ne consomme d’électricité, ce qui réduit tous les kWh, rouges compris ; mais son rendement baisse quand il fait très froid, donc ses jours rouges pèsent un peu plus que ses autres jours. Les systèmes qui stockent la chaleur, plancher chauffant, accumulateurs, ballon tampon, peuvent charger la nuit au prix des heures creuses et restituer la chaleur en journée : ce sont eux qui tirent le meilleur parti de Tempo.
Programmer plutôt que subir
Un thermostat programmable, ou un gestionnaire qui reçoit le signal Tempo du compteur Linky, applique la baisse sans y penser : consigne réduite de 6 h à 22 h les jours rouges, normale ensuite. Le jour Tempo commençant à 6 h, une remontée en température entre 4 h et 6 h se paie au prix des heures creuses de la veille. Pour la sécurité, gardez toujours un minimum raisonnable dans toutes les pièces, surtout s’il y vit des enfants en bas âge, des personnes âgées ou malades.
Les 22 jours rouges d’une saison sont publiés un par un, la veille, sur le calendrier de RTE. Pour savoir où en est la saison et combien il en reste, voyez l’historique des saisons et le guide que faire un jour rouge.
Ce que valent les jours blancs pour le chauffage
On parle surtout des rouges, mais les 43 jours blancs portent davantage de chauffage : 29,4 % en moyenne, contre 19,4 % pour les rouges. Leur prix d’heures pleines, 0,1921 €, reste toutefois proche de celui des autres options. Sur une année de 6 000 kWh de chauffage, avec 30 % la nuit, la répartition donne :
| Couleur | Part du chauffage | kWh | Coût en Tempo | Mêmes kWh en Heures creuses |
|---|---|---|---|---|
| Bleu | 51,2 % | 3 069 kWh | 480 € | 606 € |
| Blanc | 29,4 % | 1 765 kWh | 319 € | 349 € |
| Rouge | 19,4 % | 1 166 kWh | 652 € | 230 € |
Les jours bleus font gagner de l’argent, les blancs un peu, les rouges en font perdre. C’est cette ligne rouge qu’il faut réduire pour que le chauffage électrique reste gagnant en Tempo.
Relever sa propre répartition
La moyenne nationale est un point de départ. Un foyer déjà en Tempo connaît sa vraie répartition : la facture ou l’espace client donnent les kWh de chaque couleur en heures pleines et en heures creuses. En divisant les kWh rouges par le total, vous obtenez votre propre part. Si elle dépasse nettement la moyenne, votre logement est plus sensible au froid que la moyenne, ce qui plaide pour l’isolation ou pour une baisse plus franche les jours rouges ; si elle est plus faible, Tempo vous est d’autant plus favorable. La page tarif Tempo recalcule une année entière à partir de ces relevés.
Un mot sur le bois et le gaz d’appoint
Certains foyers basculent sur un poêle ou une chaudière d’appoint les jours rouges. Le calcul de ce site ne porte que sur l’électricité : il ne connaît ni le prix de votre bois, ni celui de votre gaz. Un appoint bien installé peut réduire fortement les kWh rouges ; un appareil mobile à combustible dans une pièce fermée, en revanche, présente un vrai danger d’intoxication et n’a pas sa place dans un logement habité.
Isoler avant de choisir
Plus un logement perd sa chaleur vite, plus son chauffage suit le froid, et plus les jours rouges pèsent. L’isolation agit donc deux fois sur une facture Tempo : elle réduit les kilowattheures de chauffage sur toute l’année, et elle permet de baisser la consigne les jours rouges sans que la maison se refroidisse. Une maison bien isolée garde plusieurs heures la chaleur accumulée la nuit, alors qu’un logement mal isolé la perd en quelques dizaines de minutes.
Avant de juger Tempo sur une seule saison, regardez aussi ce qui a changé chez vous : un nouveau mode de chauffage, des travaux, une personne de plus à la maison en journée. Ce sont souvent eux, plus que le tarif, qui expliquent qu’une facture grimpe d’un hiver à l’autre.