Tempo est-il rentable pour vous ? Le calcul du seuil
Tempo n’est ni toujours gagnant ni toujours perdant : il existe un seuil, propre à chaque foyer, au-delà duquel il coûte plus cher.
Tempo est rentable tant que ce que vous gagnez sur ses 343 jours bleus et blancs dépasse ce que vous perdez sur ses 22 jours rouges. Le gain vient de prix plus bas que la Base et les Heures creuses presque toute l’année ; la perte vient des heures pleines rouges, facturées 0,7295 € au tarif réglementé du 1er août 2026. Trois leviers déplacent l’équilibre : la part de votre consommation qui sert au chauffage, puisque le chauffage se concentre sur les jours rouges ; la part que vous consommez la nuit ; et l’effort consenti les jours rouges. Pour une maison de 8 000 kWh en 9 kVA avec 35 % de consommation nocturne, notre moteur trouve que Tempo, sans aucun effort, reste devant tant que le chauffage ne dépasse pas 26 % de la consommation ; en reportant la moitié des heures pleines rouges, le seuil monte à 86 %. Le mini-simulateur fait ce calcul pour votre propre foyer.
Jusqu’où Tempo reste rentable sans effort
Tempo gagne tant que le chauffage reste sous
26 %
| Tempo, sans chauffage | 1 680 € |
| Heures creuses, même consommation | 1 797 € |
| Avance de Tempo sans chauffage | 118 € |
Part du chauffage dans la consommation, sans rien reporter les jours rouges. Tarif du 1er août 2026.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources
Le principe de l’équilibre
Tempo ne coûte pas plus cher « en moyenne » : il coûte moins cher la plupart du temps et beaucoup plus cher quelques jours. Un kWh d’heures pleines bleues vaut 0,1654 €, contre 0,2142 € en heures pleines de l’option Heures creuses et 0,1985 € en Base au-delà de 6 kVA. Un kWh d’heures pleines rouges vaut 0,7295 €. L’abonnement est à peu près le même : 236 € par an en Tempo et 239 € en Heures creuses à 9 kVA, selon la grille du 1er août 2026. La question se résume donc à une balance entre beaucoup de petits gains et quelques grosses pertes.
Ce qui fait pencher la balance, c’est la part de votre consommation qui tombe en heures pleines un jour rouge. Elle dépend surtout du chauffage, puisque les jours rouges sont les plus froids. Nos calculs l’estiment à partir de la consommation nationale mesurée par RTE dans éCO2mix : le chauffage d’un foyer suit à peu près la courbe de froid du pays.
Le seuil pour quelques foyers types
Le tableau donne, pour chaque profil, la part maximale du chauffage dans la consommation annuelle pour laquelle Tempo reste l’option la moins chère, selon l’effort consenti les jours rouges.
| Foyer | Part la nuit | Sans effort | Un quart reporté | Moitié reportée |
|---|---|---|---|---|
| 4 000 kWh, 6 kVA | 30 % | 24 % | 45 % | 83 % |
| 8 000 kWh, 9 kVA | 35 % | 26 % | 48 % | 86 % |
| 8 000 kWh, 9 kVA | 50 % | 36 % | 59 % | toujours |
| 14 000 kWh, 12 kVA | 35 % | 26 % | 47 % | 86 % |
| 14 000 kWh, 12 kVA | 50 % | 36 % | 59 % | 99 % |
Trois enseignements ressortent. D’abord, sans chauffage électrique, Tempo est presque toujours rentable : les jours rouges ne pèsent alors que leur part du calendrier. Ensuite, la consommation nocturne relève nettement le seuil. Enfin, l’effort les jours rouges est le levier le plus puissant : reporter la moitié des heures pleines rouges vaut souvent davantage que tout le reste.
Comment mesurer votre propre part de chauffage
Prenez votre consommation annuelle, puis celle d’un mois d’été sans chauffage ni climatisation. Douze fois le mois d’été donne votre socle annuel : réfrigérateur, cuisson, eau chaude, éclairage, appareils. Le reste est du chauffage. Avec 8 000 kWh par an et 350 kWh en août, le chauffage pèse 48 % de la consommation. C’est cette méthode qu’applique le comparateur. Si vous chauffez l’eau sanitaire avec une pompe à chaleur ou si vous partez en vacances l’été, prenez plutôt un mois de juin ou de septembre.
Quand quitter Tempo, quand y rester
Un foyer déjà en Tempo a mieux qu’une estimation : ses factures détaillent les kWh consommés en heures pleines et creuses de chaque couleur. Entrez-les sur la page tarif Tempo : elle recalcule l’année et la compare à la Base et aux Heures creuses, sur les mêmes kWh. Si l’écart est défavorable deux hivers de suite et que vous ne pouvez pas réduire le chauffage les jours rouges, une autre option vous conviendra mieux.
À l’inverse, un foyer qui découvre qu’il est juste au-dessus du seuil peut souvent y revenir avec peu : programmer le ballon la nuit, différer lave-linge et sèche-linge, baisser d’un degré les jours rouges. Le guide que faire un jour rouge détaille ces gestes, et celui sur le chauffage électrique montre, hiver par hiver, ce que pèsent les jours rouges.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
La grille actuelle découle de la délibération de la CRE de juillet 2026 ; un prochain mouvement est attendu au 1er février 2027. Il peut déplacer le seuil : le calcul sera refait dès la publication de la nouvelle grille. Le calcul suppose aussi un hiver moyen ; un hiver très froid alourdit les jours rouges, un hiver doux les allège.
Le poids de chaque levier, chiffré
Pour la maison de 8 000 kWh en 9 kVA, avec 45 % de chauffage, voici le coût annuel de Tempo quand on actionne un levier à la fois, face aux Heures creuses à la même consommation :
| Réglage | Tempo | Heures creuses | Écart |
|---|---|---|---|
| Point de départ : 35 % la nuit, aucun effort | 1 876 € | 1 797 € | +79 € |
| 50 % de la consommation la nuit | 1 760 € | 1 731 € | +29 € |
| Un quart des heures pleines rouges reporté | 1 787 € | 1 797 € | −10 € |
| Moitié des heures pleines rouges reportée | 1 698 € | 1 797 € | −99 € |
La dernière ligne résume l’enjeu : à consommation égale, ce sont les heures pleines des jours rouges qui décident. Un foyer prêt à les réduire de moitié peut garder Tempo même avec un chauffage important ; un foyer qui ne peut rien décaler a intérêt à rester sous le seuil du tableau précédent.
Pourquoi le calcul part d’un hiver moyen
La part du chauffage tombant un jour rouge varie d’une saison à l’autre, de plusieurs points selon la place des vagues de froid. Le seuil calculé ici repose sur la moyenne de 12 saisons, ce qui gomme les hivers exceptionnels. C’est la bonne base pour une décision qui vaut plusieurs années. Pour juger un hiver particulier, l’historique des saisons donne la date et le nombre de jours rouges de chacun.
Il faut aussi garder en tête que le seuil est une frontière, pas un précipice : à quelques points au-dessus, Tempo coûte à peine plus cher que les Heures creuses, et l’écart se rattrape avec un hiver doux ou quelques gestes. C’est loin au-dessus du seuil, avec un chauffage lourd et aucune possibilité de baisse, que Tempo devient un mauvais choix.
Un exemple pas à pas
Prenez un foyer qui consomme 10 000 kWh par an et 400 kWh en juillet. Son socle annuel vaut douze fois juillet, soit 4 800 kWh, et son chauffage le reste, soit 52 % de la consommation. En 9 kVA, avec 35 % de consommation la nuit et sans effort particulier, il se compare au tableau ci-dessus : si sa part de chauffage dépasse le seuil de la ligne correspondante, les Heures creuses lui coûtent moins cher ; sinon, Tempo l’emporte. Le mini-simulateur en haut de page donne ce seuil exact pour sa consommation et sa puissance.
Le même foyer peut ensuite se demander ce qu’il est prêt à changer. Reporter un quart des heures pleines rouges, c’est surtout programmer le ballon, décaler les machines et baisser un peu le chauffage : des gestes que beaucoup de foyers font déjà sans y penser. Le comparateur montre aussitôt l’effet de ce réglage sur la facture de l’année.